Extrait de « Clarté Informations, n° 364 -- Juin 2017 (pages 9-11) »

Les différentes pistes concernant le tracé de la deuxième ligne de tramway ont été présentées fin avril à Saint-Pierre, lors d'une séance publique du conseil municipal. Présentation du projet, d'échanges, de réflexion pour que la deuxième ligne de tramway desserve la commune.

La deuxième ligne de tramway desservira-t-elle Saint-Pierre ? Rien n'est encore décidé. « L'aménagement de longue date de l'avenue Jean-Bonnin pour accueillir un tram, et le fait que nous avons proposé une ligne passant ensuite par la gare (sous les voies), les Atlantes, Rochepinard, les Granges Galand, les Fontaines et ensuite Trousseau, a pu laisser entendre à certains habitants que c'était acquis », relève Marie-France Beaufils, sénatrice-maire. Or, les premiers éléments des études menées par la Direction des mobilités de Tours Métropole ne sont pas les plus favorables au passage d'une ligne desservant à la fois la Rabaterie, le centre-ville et la gare TGV. Ce qui ne veut pas dire que la bataille est perdue, loin s'en faut. Mardi 25 avril, lors d'une séance publique du conseil municipal à la salle des fêtes, un point a été présenté sur l'état d'avancement de la réflexion concernant le tracé de la deuxième ligne du tram, en présence de Frédéric Augis, vice-président de Tours Métropole en charge des mobilités. La deuxième ligne de tramway Des consultations menées au cours du dernier trimestre 2016 avec des élus, les responsables du CHU, de l'Université, et des associations, sortent quelques points forts : la nécessité de desservir les deux hôpitaux Bretonneau et Trousseau ; éviter de passer une deuxième ligne rue Nationale pour des raisons de sécurité avec les piétons ; éviter le secteur des universités par Grandmont et son parc boisé protégé ; bien relier le centre et les communes alentours par des parcs-relais de stationnement ; desservir le quartier des Fontaines desservir la gare TGV à Saint-Pierre. La moulinette des chiffres — la modélisation — a permis d'établir un diagnostic des mouvements actuels et prévisibles du nombre de voyageurs et dans la foulée le tracé de plusieurs « corridors » au sein desquels on affine différents tracés. « Sur le corridor est reliant Tours à SaintPierre-des-Corps, trois trajets possibles ont été dessinés, 2A, 2B, 2C », relève n - juin

Marie-France Beaufils. « Le point qui ferait accord, c'est l'accessibilité de la population aux hôpitaux. Pour le reste, la réflexion reste ouverte. Il est important que chacun sache les principaux éléments du point d'étape où en est Tours Métropole (lire page suivante). A l'issue de la réunion publique du 25 avril, les élus de Saint-Pierre ont voté un texte présentant leurs arguments pour une desserte pleine et entière de notre commune, et nous allons nous appuyer là-dessus pour poursuivre la réflexion avec Tours Métropole (lire page 11). »

Ce que dit l'étude de Tours Métropole L'analyse tient compte du nombre de kilomètres à construire, des ponts et autres tunnels à réaliser, de l'impact sur la circulation actuelle et sur le stationnement ainsi que sur le bâti.

Pour le « corridor est entre Tours et Saint-Pierre-des-Corps, le diagnostic tient compte des contraintes d'insertion et de la performance transport, soit le nombre de voyageurs estimés.

Contraintes d'insertion Il est dit que te boulevard Heurteloup pose problème en l'état actuel des choses pour le tracé 2A. Ce tracé emprunterait l'avenue Jean-Bonnin, la rue Blanqui, la rue de l'Aubrière, puis Jean Jaurès, la rue de la Rabaterie et la rue Pierre-Curie vers la gare. Le boulevard Heurteloup supporte un gros trafic lié, entre autre, au fait qu'il est le débouché de la sortie « Tours centre » de l'autoroute AIO. II serait opportun de connaître d'où viennent et où vont les automobilistes qui sortent à « Tours centre Par ailleurs, on nous fait état de réticences à un passage sur ce boulevard, faisant valoir les 300 places de stationnement qu'il propose aux riverains. Le fait de devoir passer sur le domaine de la SNCF, un ouvrage d'art à bâtir et l'impact sur le bâti du fait d'une forte densité urbaine, sont les principales contraintes du trajet 2B qui passerait par la rue Edouard-Vaillant, puis sous l'Al 0, traverserait l'avenue Pompidou, emprunterait la rue des Ateliers et pour relier la gare TGV. La construction d'un tunnel sous les voies ferrées est la principale contrainte du trajet 2C qui emprunte la rue Edouard-Vaillant, l'avenue Pompidou, le boulevard Wagner pour rejoindre les Atlantes et ressortir à la gare.

La deuxième ligne de tramway Le potentiel de desserte qui prend en compte la population, les emplois, la présence d'établissements scolaires, est jugé « moyen », pour le « corridor est » avec un meilleur résultat pour le trajet 2B. L'étude reconnaît l'enjeu de desserte de la gare TGV et du quartier de la Rabaterie par un transport en commun. Elle privilégie le trajet 28, malgré ses contraintes. Ce trajet 28, fait écho au concours « Passages » lancé auprès d'urbanistes il y a deux ans par l'Agence d'urbanisme afin de trouver des lieux susceptibles d'augmenter les liaisons « Saint-Pierre - Tours ». Les cinq axes forts retenus par l'étude En tenant compte des autres corridors étudiés, l'étude retient cinq axes forts : • L'avenue de Grammont pour rejoindre Trousseau • La rue Edouard-Vaillant, les Fontaines, puis Trousseau • Bretonneau via le quartier des Casernes à Tours et le boulevard Béranger • Un trajet vers Saint-Pierre-des-Corps via la rue Edouard-Vaillant (le 2B) • Enfin la desserte de Saint-Cyr-sur-Loire par l'avenue De Gaulle Une ligne La Riche (Bretonneau) / Saint-Pierre (gare TGV) est jugée sous dimensionnée en termes de nombre de voyageurs pour accueillir un tramway. Les coûts seraient plus élevés pour les deux trajets passant par rue Edouard Vaillant mais le réseau serait plus équilibré entre l'est et l'ouest du territoire urbain. Le scénario jugé actuellement le plus favorable à ce stade est Bretonneau, quartier des Casernes à Tours, rue Giraudeau, boulevard Béranger, avenue de Grammont, quartier des Fontaines, Alouette, puis Trousseau. L'investissement est estimé à hauteur de 254 millions d'euros hors taxes. no - juin

La deuxième ligne de tramway Ce que préconisent les élus de Saint—Pierre Les élus de Saint-Pierre réaffirment leur volonté de voir se réaliser une deuxième ligne est-ouest complémentaire à la première ligne nord-sud. Une ligne qui pourra assurer la desserte des deux hôpitaux Bretonneau et Trousseau, de la gare TGV et ses 12 000 voyageurs par jour, des zones d'activités économiques pour les 10 000 salariés qui y travaillent et du quartier de la Rabaterie que l'on ne saurait laisser à l'écart de la solidarité au sein de la métropole. Voici leurs arguments... Porte d'accès pour l'est Son territoire est la porte d'accès à l'est de l'agglomération vers des secteurs à population croissante, de La Ville-aux-Dames au bassin d'Amboise. Population de la Communauté de communes de l'est tourangeaux 39 000 habitants (dix communes entre La Ville-aux-Dames, Azay-sur-Cher et Reugny) et population d'Amboise 16 790 habitants. Après l'axe nord-sud Une ville en pleine croissance Saint-Pierre est la quatrième ville de Touraine avec ses 16 000 habitants. Elle présente l'axe est-ouest un habitat dense, ainsi que la dynamique démographique la plus forte de l'agglomération Pour défendre une deuxième ligne relativement à sa population - plus de 250 naissances par an au cours des dernières années. passant par Saint-Pierre-des- Elle abrite le troisième quartier d'habitat social de l'agglomération avec 5 300 habitants. Corps, les élus s'appuient sur les Elle va renouveler l'habitat à l'est vers La Ville-aux-Dames, dans le secteur de la Morinerie études qui ont affirmé l'intérêt d'un et autour du site Primagaz après la levée du risque industriel. Axe structurant est-ouest cohérent Elle est ville-pilote au plan national pour l'aménagement urbain en zone inondable, ce qui et complémentaire avec l'axe aura des incidences sur l'urbanisation à l'entrée de Saint-Pierre le long de l'avenue Jean- nord-sud de la première ligne. Bonnin. Traverser les voies SNCF c'est possible Il est tout à fait possible, comme l'a montré une étude de faisabilité, de relier le centre-ville aux Atlantes en traversant les voies SNCF à leur point le plus haut, puis de poursuivre vers l'hôpital Trousseau. Un courrier envoyé à Tours Métropole A l'issue de ta réunion publique du 25 avril, les élus de Saint-Pierre-des-Corps ont voté un texte présentant leurs arguments pour une desserte de la ville, pas seulement un arrêt à proximité des Atlantes. Un courrier a été adressé au président de Tours Métropole Val de Loire, soulignant cette volonté de voir une seconde ligne traverser Saint-Pierre et ses quartiers et surtout l'envie d'être intégré à la réflexion concernant cette deuxième ligne de tramway. Les élus demandent à ce que soit étudié le tracé proposé par la ville (voir ci-contre). La gare TCV de la métropole La présence de la gare TGV fréquentée quotidiennement par 12 000 voyageurs confère à Saint-Pierre un rôle particulier dans les besoins de transports domicile-travail. Les voyageurs, qu'ils habitent au nord de la Loire, à l'ouest ou au sud du Cher, doivent pouvoir accéder à la gare ; le tramway doit pouvoir y contribuer. 10 000 emplois dans la ville Un axe cohérent et complémentaire L'axe est-ouest a été reconnu comme un axe structurant par toutes les réflexions sur les Plans de déplacements urbains depuis 2003. La deuxième ligne de tramway est une opportunité pour faire naître cet axe, accroître la fluidité des Historiquement industrielle, elle abrite 1000 déplacements des habitants de la entreprises porteuses de 10 000 emplois métropole sur cet axe, parallèle, occupés par des salariés de l'ensemble du Loire et au Cher. Territoire métropolitain elle est la deuxième Il est cohérent et complémentaire à ville contributrice pour les ressources fiscales l'axe nord-sud donné à la première apportées par les entreprises à Tours Métropole, ligne, et présente de ce fait une belle avec près de 20% de cette ressource. Le dynamique de désengorgement « versement transport » versé par les entreprises et de réorientation des flux représente 57% des recettes du budget transport. citeulatoires. n o - juin